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Mercredi 04 Juin 2008Poster un commentaire
Mercredi 04 Juin 2008Poster un commentaire
L'Amour est parfois source d'Existence. Mais quand on s'y abandonne, et qu'il s'évanouit, que nous reste-t-il? Eternal FlameI
L’amour est un feu qui vivifie et non une flamme qui dévore. J-P Stahl Avant, je n’étais qu’un fantôme sans forme et sans couleur, dont le cœur emprunt de solitude peinait à donner un dessein à une vie depuis trop longtemps perdue. Avant, je me perdais dans les histoires peut-être trop enivrantes et oniriques dont mon esprit projetait la trame, sur l’écran noir de mon imagination. Mon sang était de glace, et mes veines représentaient le labyrinthe dans lequel il gelait. Mais le destin t’a placé sur mon chemin, un jour où je ne m’y attendais pas. De ton regard de braise, tu as allumé en moi l’étincelle. Celle que l’on nomme passion. De tes attentions toujours plus touchantes, tu as lentement enchaîné mon cœur à tes désirs. Je me consumais pour toi, dévastée par ce feu qui m’animait et dont tu étais le souffle. Dans la flamme qui nous liait, je voyais le reflet d’un espoir. L’espoir d’une vie meilleure, dans la chaleur de tes bras. II
Il n’est de grand amour qu’à l’ombre d’un grand rêve. Edmond Rostand C’était la première fois que je vivais quelque chose d’aussi fort et intense. Ta présence me rassurait, m’apaisait. Elle m’offrait un abri d’amour et de douceur face à la cruauté du monde qui nous entourait. Tes baisers me transportaient dans une autre dimension. Ils me permettaient d’atteindre des horizons qu’avant je pensais inaccessibles. Avec toi, je découvrais un tout autre monde. Un monde fait du soleil de ton regard et des étoiles de mes yeux. Un monde fait du mélange de nos corps et du mariage de nos âmes. Avec toi, j’existais, tout simplement. III
L’absence ne fait mal que de ceux que l’on aime. Pierre Corneille Mais il y avait toujours un moment où tu devais t’absenter, enchaîné à un mur d’obligations dont je ne pouvais te libérer. Tes pas quittaient lentement l’appartement, abandonnant sur le plancher mon âme déshabillée de toi. Vêtu seulement de mon souvenir, tu t’en allais satisfaire des cœurs trop avides des douceurs de ton visage et du son de ta guitare. Et avec ton départ fuyait mon sommeil. Seule dans un lit beaucoup trop vide, je tentais de chasser les fantômes de ma solitude. Je froissais les draps imprégnés de ton odeur, et m’enroulais ensuite dedans, pour mieux toucher ton souvenir, de mes doigts gelés. Et mes larmes coulaient au rythme des accords que toi tu jouais, bien loin de là, sur une scène indifférente. Je me languissais de tes yeux et de ta chaleur, tandis que les jours défilaient, tous un peu plus longs que les précédents. Mais tu revenais toujours, remplissant à nouveau mon cœur de ton odeur et de ta saveur. Dans nos moments de retrouvailles, tu disais m’aimer, mais tes mots sonnaient faux, comme si tu les avais trop prononcés pour qu’ils eussent encore quelque valeur. IV
L’amour, c’est aussi de comprendre et d’accepter qu’on s’éloigne. Jean Ethier-Blais Ainsi, petit à petit, tu t’es éloigné. De moi, de nous, de notre amour. Tes regards vers moi se raréfiaient. Et dans les précieux moments où tu posais encore les yeux sur mon corps, tu ne trouvais plus d’intérêt à maintenir en vie la flamme qui m’animait. Et il s’est éteint, ce feu. Lentement. Je n’ai bientôt plus existé que par tes absences. Lorsque tu partais retrouver les cordes de ta guitare, tu me demandais de relâcher les fils de mon amour. Alors, je me suis faite actrice de tes désirs. Tragédie maquillée par mon macabre jeu. Acte IV, scène 5. Je devais faire semblant de ne plus m’intéresser qu’à toi seul. Je devais dissimuler mes envies sous une cape d’ignorance feinte. Truquer mon amour pour ton bon plaisir. Tout ce que tu me demandais, je te l’ai offert. Et toi, tout ce que tu as daigné me sacrifier, c’était une image de toi et un souvenir poussiéreux, pour me tenir compagnie dans mes instants de solitude. V
L’amour supporte mieux l’absence ou la mort que le doute ou la trahison. André Maurois Et puis, il y a eu ce jour. Le jour de notre anniversaire. Deux ans. Je comptais te faire une surprise, je me suis rendue dans ton studio, où ton groupe devait, le jour même, enregistrer sa nouvelle chanson. L’effet de surprise s’est retourné alors que j’ai poussé la porte. Cette scène, j’aurais aimé ne jamais y assister. Elle a martyrisé mon cœur, elle m’a détruite à jamais. Les mains qui te caressaient giflaient mon âme de leurs paumes traîtresses. Les lèvres posées sur les tiennes embrassaient mon désespoir de leur douceur meurtrière. Mes yeux que cette vue brûlait se contentaient de suivre, impuissants, vos mouvements insistants. Chaque détail de votre voyage au cœur du plaisir s’ancrait dans ma mémoire, créant chaque fois une plaie incurable. Vos baisers étaient ma plus grande blessure. Ils brillaient et se reflétaient sur la blancheur de mon visage bouleversé. Anéantie, j’ai assisté à votre divine mais criminelle idylle. Chacune des lettres de son prénom déchirait, lacérait mon esprit. Et alors que tu t’abandonnais à elle, moi, je m’offrais au diable. VI
Le cœur a ses raisons, que la raison ignore. Blaise Pascal « Lorsque tu liras ces mots, Il sera déjà trop tard pour moi. Je m’envole déjà, tu vois, Vers des horizons plus beaux. Là-bas, je pourrai imaginer Quelle saveur aurait eu la vie, Si tu ne m’avais pas trahie. Je réinventerai notre amour Ses couleurs, ses odeurs, ses contours. Je lui rendrai le sens que tu lui as volé. Tu m’aimais, j’existais. Tu t’es éloigné, je l’ai accepté. Tu m’as laissée, je ne m’en remettrai jamais. Je ne me suis pas donné la mort. C’est juste un acte que j’ai accompli, Le même que celui que tu avais commis En abandonnant, pour lui, mon corps. Alors souviens-toi, Lucas, De celle qui s’est perdue, Parce qu’elle t’a trop aimé , Et que tu l’as négligée. » J’observe mon Lucas poser le papier imbibé de sentiments sur le sol, près de mon corps ensanglanté. La blessure que je me suis affligée commence à avoir raison de moi. Je plonge mon regard dans le sien une dernière fois, il détourne les yeux. De ma voix embuée de larmes, je lui murmure : « Tu as tout gâché… » Il laisse passer un temps, insoutenable, avant de me susurrer : « Chérie, elle est bien meilleure que toi… -Tu as des remords, au moins ? -Je n’en ai aucun. » Dans le dernier sourire qu’il m’adresse, je lis tout ce que j’ai toujours craint d’y déchiffrer. Un mépris et une joie qui brisent toutes les illusions que je m’étais forgées. Emportée dans mon monde de poésie, je me suis laissée abuser par un démon au minois angélique. J’ai cru à un amour qui en réalité n’était que façade. Les remords que j’espérais lire sur son visage, il peut désormais les deviner sur mon visage interdit. Remords, pour ma naïveté. Remords, pour l’intensité de moi que je lui ai toujours donné, alors que lui, de son côté, jetait tout cela dans l’oubli de sa traîtrise. Je lui avais tout donné, mais jamais il ne me l’a rendu. Finalement, il quitte la pièce, abandonnant mon corps agonisant. Achevée par ses quelques mots, je ferme les yeux et me laisse emporter par la mort. Elle, ne me décevra pas.
Mercredi 04 Juin 2008Poster un commentaire
"Si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant, ou bien se taise à jamais." Pourquoi parler, si les dés sont déjà jetés? Fatal Weddingou Leur bonheur, son désespoir
Voilà bientôt une demi-heure que nous roulons sur cette nationale insouciante. Voilà bientôt une demi-heure que mon esprit se ternit. Flash back Je me réveille de la nuit de magie que j’ai passée avec elle. Des sanglots étouffés parviennent à mes oreilles innocentes. Mon regard s’attarde sur une forme derrière les rideaux. Je me lève, et rejoint mon ange. Elle semble si malheureuse en contraste à la veille, que mon cœur se tâche d’incompréhension.
« Lucas, il faut que je te parle. » Je souris difficilement, emprunt d’une inquiétude montante. « On ne peut plus continuer comme ça, à se voir en secret, le temps d’un courant d’air. Je m’excuse, Lucas, mais il fallait que je fasse quelque chose. Je suis désolée, vraiment, tu ne peux même pas imaginer à quel point cela me… -Qu’est-ce que tu veux dire ? -Je vais épouser ton frère. » Je m’écroule sur le fauteuil le plus proche, frappé de plein fouet par ces quelques mots pourtant si anodins. « Il m’a fait sa demande hier, et je l’ai acceptée. -Mais, et moi ? Hier, tu… on… -Avec toi, ça n’a jamais été pareil. Tu as été l’homme de mes nuits, Lucas, accepte maintenant que Kieran soit celui de ma vie. -Mais… Non, tu ne peux pas me laisser. Ce n’est pas possible. Pas après tout ce qu’on a vécu ! -Ne me rends pas la tâche plus difficile qu’elle ne l’est déjà, s’il te plaît… -Mais est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis ? Je suis quoi pour toi ? Un vulgaire jouet pour assouvir tes putain de désirs ? -Arrête de dire ça. -Et toutes les promesses qu’on s’était faites, t’en fais quoi ? -C’est du passé, tout ça... Tu n’es pas mon futur, comprends-le. Tu ne me feras pas changer d’avis. -Mais… » Je l’observe quitter la pièce, les joues inondées de larmes. J’aimerais tant la serrer contre moi, j’aurais tant de choses à lui dire, mais finalement aucun mot ne parvient à résonner autrement que dans mon cœur blessé. Elle se retourne une dernière fois, avant de partir à jamais. « Le mariage aura lieu dans un mois. Kieran veut que tu sois son témoin. J’espère que tu sauras te tenir. -Je ne pourrai pas faire ça ! Tu es vraiment insensible pour me demander une telle chose ! Tu crois que je n’ai pas de cœur, c’est ça ? -Si tu n’y vas pas, Kieran découvrira tout. Je ne suis pas sûre qu’il aimerait apprendre que son frère a couché avec sa fiancée. -Et si je voulais qu’il le découvre ? -Ne gâche pas ma vie, Lucas. Tu le regretterais. Quand on aime quelqu’un, on veut avant tout son bonheur. -Même si son bonheur nous déchire le cœur ? -Oui. » Et elle s’en va, sans que je puisse la retenir, tournant le dos à toutes les promesses formulées, au cours de ces années. Ainsi, nos deux âmes ne brilleront jamais côte à côte, dans le ciel étoilé. D’un coup, mon avenir sans elle se révèle plus flou et sombre qu’une nuit sans lune. Fin du flash back Je retiens une larme. Mon cœur crie « non » mais ma raison dit « oui ». ********** Je me tiens près de lui, droit mais pourtant courbé. Son sourire impérissable m’enchaîne à un mur de tristesse indicible.
Jeudi 05 Juin 20081 commentaire(s)
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